Jérusalem, capitale d’Israël ?

Le 7 décembre 2017, Donald Trump, actuel Président des Etats-Unis d’Amérique a déclaré que l’ambassade américaine en Israël serait déplacée à Jérusalem, considérant cette ville comme capitale de fait de leur très cher allié. Cette déclaration a fait réagir plusieurs nations, comme la France qui considère la ville de Tel Aviv comme capitale d’Israël. Comment alors décrire Jérusalem, la ville sainte aux trois religions monothéistes ?

 

Donald Trump en accord avec ses promesses de campagne

L’actuel Président de la première puissance mondiale est désormais connu pour ses frasques, ses erreurs politiques et diplomatiques, comme lorsqu’il parlait du gâteau qu’il venait d’avaler en réponse à une question sur la situation en Syrie. Mais il faut regarder dans le passé avant de juger trop rapidement cette annonce de décembre.

Donald Trump, pendant sa campagne, a élaboré un certain nombre de propositions, certaines ayant fait réagir plus que d’autres. En accord avec ces dernières, il est par exemple sorti des accords de Paris signés en décembre 2015. Et le 7 décembre 2017, il a décidé de déplacer l’ambassade américaine, comme il l’avait également promis. Plus étonnamment, il s’est conformé aux normes en vigueur aux Etats-Unis. En effet, les politiques américains sont sensés considérer Jérusalem comme capitale d’Israël depuis la décision du Congrès en 1995. Mais les derniers Présidents, sûrement par prudence et, comme il l’a souvent été dit, par volonté de préserver la paix, ont choisi d’ignorer le Congrès sur ce point en laissant l’ambassade à Tel Aviv. L’occupant de la Maison Blanche a alors, comme à sa grande habitude, peut-être cherché à provoquer le Moyen-Orient en exécutant cette décision vieille de plus de 20 ans. En tout cas, c’est ce que laissent entendre les différents médias et les différents intellectuels qui se sont intéressés à la question.

 

Jérusalem déjà capitale pour les Israéliens

Israël est un pays assez jeune, créé spécifiquement au Moyen-Orient après le génocide attenté par les nazis. La Nation s’est alors installée sur un territoire historique pour les juifs mais qui abritait d’ores et déjà les palestiniens. Le monde musulman s’est alors réuni contre ce nouvel Etat. Une série de guerres se sont alors déroulées, installant Jérusalem comme un des centres des préoccupations.

Des guerres, il en a existé quelques-unes. Mais il n’est pas question ici de traiter de toutes les problématiques géopolitiques inerrantes à cette région du monde, leurs origines diverses ne le permettant pas. Le contrôle hébreu de la ville a démarré en 1948, lorsque la première guerre a amené au recul de la Cisjordanie sur Jérusalem Ouest. Cette partie de la ville, nouvellement gagnée est alors déclarée comme capitale de l’Etat en 1949. Dès lors, les institutions politiques de l’Etat sont déplacées dans cette partie ouest de la ville. Mais l’ensemble des ambassades sont installées à Tel Aviv, capitale pour la communauté internationale et située à 70 km de Jérusalem, et ce même lorsque l’ensemble de la ville a été contrôlée par Israël en 1967. Une loi israélienne du 30 juillet 1980 réitère la volonté de laisser la capitale à Jérusalem, déclarant la cité « une et indivisible ».

La reconnaissance de cette capitale par les américains amène donc de la valeur à cette décision nationale, alors même que le statut de la ville, par son aspect culturel pourrait amener à davantage de conflits dans cette région du monde.

 

Un statut particulier pour Jérusalem en droit international   

La résolution n°181 de l’Organisation des Nations Unies (ONU) du 29 novembre 1947 est celle qui a prévu le partage de la Palestine. Trois territoires ont alors été identifiés : Israël, un Etat arabe et enfin Jérusalem qui se trouve être sous contrôle international. Après la mise sous contrôle de la partie ouest de la cité par l’Etat israélien, l’ONU a renouvelé le statut international de la ville par la résolution n°194 du 11 décembre 1948 : « Décide qu’en raison des liens qu’elle a avec trois religions mondiales, la région de Jérusalem, y compris la municipalité actuelle de Jérusalem plus les villages et centres environnants (…) devrait jouir d’un traitement particulier et 1stinct de celui des autres régions de Palestine et devrait être placée sous te contrôle effectif des Nations unies ».

Ainsi, l’ONU confirme et réitère sa volonté de faire de la « Ville sainte de Jérusalem » un statut particulier, qui devrait s’imposer de fait, par le droit international, aux différentes puissances de la région, rappelant à Israël que son contrôle sur la ville est illégal. Pour le droit international, la ville de Jérusalem n’est pas et ne peut pas être capitale de l’Etat hébreu.

Finalement, le conflit autour de cette ville n’a de cesse de durer. Outre le fait du droit international s’appliquant ici, la majorité des pays formant la communauté internationale sont aussi dans une dynamique de reconnaissance de la Palestine. Par cette décision, les Etats-Unis ont alors décidé de confirmer leur alliance avec Israël, fidèle allié depuis sa création. Alors que les craintes des médias et intellectuels étaient de voir le Moyen-Orient s’enflammer, à ce jour, plus d’un mois après la déclaration de Donal Trump, aucun conflit violent n’a été déclaré.

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