UNESCO : une journée consacrée à la réflexion sur la préservation du patrimoine en période de crise


La préservation du patrimoine occupe rarement le devant de la scène lorsqu’il s’agit de discuter des enjeux internationaux. Plus perçu comme un dommage collatéral en temps de guerre, cette problématique est pourtant essentielle par bien des aspects. Pour les plus pragmatiques d’entre nous il peut s’agir d’une perte économique, mais le patrimoine est avant tout un lien entre générations passées et générations futures, plusieurs pays délégués ayant insisté sur son rôle dans la construction d’une identité civilisationnelle, déplorant notamment le nettoyage culturel qui peut avoir lieu en temps de Guerre.

 

 

Une base de données internationale

Afin de lutter contre différents fléaux comme le pillage et la destruction de monuments historiques, ou encore la revente illicite d’œuvres d’art, les délégués ont envisagé une première piste qui serait celle d’une base de données internationale.

Celle-ci serait alimentée par des données fournies par l’ensemble des Etats du monde, avec une collaboration renforcée avec les musées, comme cela peut déjà être le cas entre le Louvre et le musée islamique du Caire

Cependant, comme l’ont rappelé plusieurs délégués, une telle base de données existe déjà avec Interpol. Or sa mise en place ne suffit pas pour enrayer l’altération du patrimoine mondial, ce qui a orienté le débat vers d’autres pistes.

Déplacement et mise en sûreté des biens

Concernant les biens que l’on peut qualifier d’immobiles, l’idée de la construction d’abris a été brièvement esquissée. Cependant cela semble difficile à mettre en œuvre en pratique et il s’agirait plutôt de résoudre le conflit en lui-même.

Pour les biens déplaçables, a été proposée la création d’un musée international sous-responsabilité de l’UNESCO. Cela a soulevé des inquiétudes parmi certains délégués qui y ont opposés la contrepartie d’une réglementation stricte, notamment pour avoir des garanties sur la bonne restitution des œuvres et objets d’art.

Une section militaire locale et spécialisée

L’action de forces armées serait envisageable sur le modèle italien de la section des carabiniers pour les biens culturels. Autrement dit, une section spécialement dédiée à la protection du patrimoine faisant intervenir l’armée.

Cependant l’intervention de l’armée a fait l’objet de divergences de points de vue qui ont dû être débattues au sein des délégués. Il en est ressorti qu’il faudrait privilégier une section composée de la population locale qui souhaiterait s’engager dans ce type de mission, à la fois pour l’intégrer au processus de préservation et pour rassurer les pays qui pourraient craindre une ingérence de pays étrangers dans leur politique intérieure via cet outil.

Malgré ces réticences, la création d’une telle section se présente comme une solution intéressante, à partir du moment où une toutes les craintes des pays visés seront entendues.

 

Elise Bechon

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