Et pendant ce temps là dans le monde #4

Et pendant ce temps là… Alors que l’actualité tourne autour de l’épidémie du Coronavirus et de ses impacts, nous ne devons pas oublier de rester informés sur ce qu’il se passe d’autre dans le monde. Notamment, dans plusieurs pays  cette situation politique donne lieu à des changements majeurs, comme en Israël où un accord de coalition a été trouvé après 484 jours de blocage, mais aussi parfois avec des conséquences plus négatives telles qu’ un recul des droits en Hongrie et en Pologne.

Au programme de cet article : abolition de la peine de mort pour les mineurs en Arabie Saoudite, une coalition qui met fin au blocage politique en Israël, la détresse des Rohingyas refusés à l’entrée du Bangladesh, la fin de la reconnaissance des droits des personnes transgenre en Hongrie et préoccupation de l’UE sur l’état de droit en Pologne.

 

Abolition de la peine de mort pour les mineurs en Arabie Saoudite

Source: CNN

Ce dimanche, la Commission des droits de l’homme, citant un décret royal, a annoncé l’abolition de la peine de mort pour les personnes ayant commis des crimes alors qu’elles étaient mineures. La condamnation à mort sera remplacée par une peine de prison pouvant durer jusqu’à dix ans. Cette décision intervient deux jours après l’annonce de l’interdiction de la flagellation publique.

Selon Amnesty International, « les autorités saoudiennes ont mis à mort 184 personnes l’année dernière, soit le nombre le plus élevé jamais enregistré par Amnesty en une seule année dans le pays », alors que la tendance était à la baisse dans le monde. Notamment, on se souvient de l’assassinat en 2018 du journaliste et critique du gouvernement Jamal Khashoggi au consulat d’Arabie Saoudite à Istanbul. Bien que le prince héritier ait nié toute implication, l’enquête des Nations unies a trouvé des “preuves crédibles” du contraire.

Il a par ailleurs été annoncé que d’autres réformes allaient avoir lieu, s’inscrivant dans une volonté du prince héritier saoudien de réviser les règles utlra conservatrices du royaume.

 

Une coalition en Israël après 484 jours de blocage politique

Source: GPO

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu et son rival politique, Benny Gantz, ont signé un accord pour former un gouvernement d’union d’urgence. L’accord prévoit une rotation à la tête du pays, M. Netanyahu étant le premier à occuper le poste de Premier ministre. L’accord a été conclu pour une durée de trois ans, prolongeable.

Cette décision apporte une certitude politique à Israël après trois élections législatives peu concluantes et une année de paralysie politique. Cet accord intervient alors que le pays est confiné, dans le contexte de la crise sanitaire. Le déblocage politique du pays devenait une urgence, pour maîtriser la crise et ne pas devoir organiser de quatrième retour aux urnes pour les israéliens.

Cependant, en mai devrait s’ouvrir le procès de Benjamin Netanyahu pour fraude, corruption et abus de pouvoir.

 

Le Bangladesh ferme ses portes aux Rohingyas

Source: Malaysian Maritime Enforcement Agency/Handout via REUTERS

« Aucun Rohingya supplémentaire ne sera autorisé », a indiqué, mercredi 22 avril, le ministre des Affaires étrangères du Bangladesh, A.K. Abdul Momen. Deux bateaux sont désormais à la dérive depuis plus de deux mois dans le golfe du Bengale, avec à leur bord plus de 500 Ronhigyas, ayant « en urgence besoin de nourriture, de soins médicaux et de toute l’assistance humanitaire nécessaire » selon une lettre écrite par Michelle Bachelet, Haut-Commissaire aux Droits de l’Homme. Les bateaux ont déjà été refusés par la Malaisie, a qui a durci ses conditions d’entrée sur le territoire en raison de la crise sanitaire liée au Covid-19. Le Bangladesh a déjà accueilli près d’un million de Rohingyas, et la situation humanitaire est désormais hautement critique.

 

La Hongrie profite du contexte du coronavirus pour mettre fin à la reconnaissance des personnes transgenre 

Source: Zoltan MATHE / POOL / AFP

Le gouvernement hongrois semble vouloir faire passer une loi qui mettra fin à la reconnaissance légale des personnes transgenre en définissant le sexe comme étant “biologique basé sur les caractéristiques sexuelles primaires et les chromosomes“, rendant ainsi impossible tout changement légal de sexe.

Dans le contexte du coronavirus, une loi a été adoptée, permettant au premier ministre hongrois, Viktor Orbán de gouverner par décret indéfiniment. Le Parlement siège toujours, mais au lieu de se concentrer sur la lutte contre le coronavirus, il traite de questions telles que la nouvelle législation sur les personnes transgenre. Ce mouvement politique a d’ailleurs été vivement contesté par la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen. Les organisations de défense des droits des personnes trans craignent que cela ne débouche sur une hausse significative des discriminations.

 

L’UE urge la Pologne de répondre à ses préoccupations sur le respect de l’Etat de droit

Source: Yves Herman/ Reuters

La Commission européenne a déclaré qu’elle donnait deux mois à la Pologne pour répondre à ses préoccupations concernant une loi introduite au début de l’année qui permettrait de punir les juges qui critiquent les réformes du système judiciaire du gouvernement. “Il y a des risques évidents que les dispositions concernant le régime disciplinaire des juges puissent être utilisées pour un contrôle politique du contenu des décisions judiciaires”, a déclaré Vera Jourova, membre tchèque de la Commission exécutive qui est responsable de la défense des valeurs démocratiques de l’UE. “Il s’agit d’une question européenne car les tribunaux polonais appliquent le droit européen. Les juges d’autres pays doivent avoir confiance dans l’indépendance des juges polonais. Cette confiance mutuelle est le fondement de notre marché unique”, a-t-elle déclaré lors d’une conférence de presse.

La Commission a également critiqué récemment la décision de poursuivre l’organisation d’une élection présidentielle le mois prochain, malgré les inquiétudes concernant la santé publique dues à la pandémie de coronavirus. Le parti à la tête du gouvernement envisage un vote par voie postale.

 

Maïlys Ghazaouir
Press Team

 

 

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