SPECPOL : Entre consensus et efficacité

En ce jour, les négociations du SPECPOL au sujet du droit à l’autodétermination des peuples se sont clôturées. Un travail rude mais concluant : le comité a créé une Commission Spéciale. L’Obs fait le bilan.

Une Commission spéciale

C’est après de longues négociations que le SPECPOL a trouvé une solution quant au droit à l’autodétermination des peuples. Une Commission Spéciale pour l’Autodétermination des Peuples (CSAP) a vu le jour. Elle aura alors deux grandes missions : la surveillance du respect des principes du droit international ainsi que l’accompagnement des différentes parties prenantes du litige. Pour mener à bien ce travail, la CSAP prône une démarche neutre et objective. Tout d’abord, lorsqu’un peuple saisi la Commission, une étude complète de la situation sera faite avant de proposer une confrontation entre les parties du conflit. Entre juge et médiatrice, la CSAP aura parmi ses rangs des «experts» tout droit venu de l’ORDINEX.

Entre consensus et efficacité

N’est-il pas paradoxal qu’une commission tel que le SPECPOL, chargé de résoudre un problème, décide de créer une autre commission pour atteindre cet objectif ?
Le travail du comité aujourd’hui pourrait s’apparenter à une victoire car elle a réussi à mettre d’accord des pays aux intérêts divergents. Des délégations en opposition comme la Russie et les pays de l’Union Européenne ou encore la Chine et les États-Unis s’unissent dans la liste des signataires. Pourtant, c’est dans ces rangs consensuels que des contestations émergentes. La confession de l’Autriche à l’Obs se veut limpide : «ça fera une commission en plus et des chômeurs en moins». L’Allemagne, bien que gorgée d’espoirs, conditionne l’efficacité de la résolution à la «bonne volonté des Etats». La délégation de la chancellerie évoque ici, un réel clivage durant les négociations. La CSAP n’aura aucun caractère contraignant envers les États ne permettant pas l’autodétermination des peuples. Le Japon souligne également cette faiblesse mais nous confie à demi-mot avoir les «mains liés» et devoir suivre la ligne des Etats-Unis jugée souple.

Russie, Chine et Espagne : les grands gagnants

A peine créée, la CSAP est déjà contestée. Une catastrophe pour les pays moteurs engagés à juguler les conflits d’autodétermination tel que le Canada, les États-Unis, l’Allemagne ou encore le Royaume-Uni. Les grands gagnants semblent donc être les pays suspectés d’opprimer certaines populations qui ont «omis» le caractère contraignant de la CSAP. La Russie avec la Crimée, la Chine avec le Tibet ou encore l’Espagne, qui n’a en plus pas accès au Conseil de Sécurité de l’ONU, avec la Catalogne sont à l’abri d’une quelconque intervention. Alors, alliance entre consensus et efficacité : coïncidence ou stratégie ? Peu importe, l’effet, ou plutôt le non-effet, est garanti.

– Ronan Pezzini & Elise Varrey

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