La mise en place d’un cadre de discussion au sein de l’Union africaine

L’Union africaine se réunit dès ce vendredi matin pour débattre de la question libyenne. Consolider et soutenir une transition politique en Libye. Thème relativement consensuel, étant donné que seuls deux pays, la République unie de Tanzanie et la République fédérale du Nigéria ont émis des oppositions à traiter ce sujet.

La délégation libyenne, premier pays concerné par la question, met tout d’abord un point d’honneur à faire en sorte que la Libye soit un Etat qui redevienne fort. Pour cela, l’Union africaine doit faire face à plusieurs chantiers qui sont considérés comme primordiaux, et clivants.

Soutenir et consolider une transition politique en Libye

Depuis six années, l’Union Africaine butte sur le conflit en Libye. Deux lignes claires s’affrontent au sein du comité. La première, menée par la délégation de la République démocratique du Congo, réaffirme le soutien au régime présidentiel et souhaite lutter contre le terrorisme. La seconde, dont fait partie la représentante algérienne, émet des réserves sur la composition actuelle du gouvernement de Tripoli, et considère le Général Haftar, contrôlant la zone est du pays, comme un acteur légitime au conflit. Les deux parties réaffirment leur volonté de lutter contre le terrorisme, mais émettent l’idée en creux que chacune des parties le renforce. Les deux formations sont en prise avec une définition relationnelle du terrorisme : le terrorisme, selon l’universitaire Didier Bigo, n’est-il pas l’autre, l’ennemi, celui que l’on n’aime pas ?

Une relance du processus institutionnel et politique

Les accords de Skhirat, signés en 2015, prévoyaient la formation d’un gouvernement d’union nationale, ainsi que des moyens de lutte contre le terrorisme, la protection de l’intégrité physique du pays, ou encore la préservation des droits de l’homme dans le cadre d’un l’Etat de droit. Ces accords laissent apparaitre des limites. Il convient alors de leur conférer une nouvelle légitimité. Cette tâche incombera alors à l’Union.

L’unification des milices locales

Là encore, la question des milices locales divise le comité. La République démocratique du Congo pointe le fait qu’un million d’armes sont en circulation dans le pays, ce qui apparaît renforcer les milices locales. Selon la délégation congolaise, un système de protection des institutions présidentielles, de démilitarisation des milices et en parallèle d’armement du système présidentiel doit être mis en place. Or, armer le gouvernement d’union nationale ? Ce serait prendre le risque de faire exploser le pays, qui ressemble à une poudrière, selon la délégation kenyane.

Enjeux et espoirs

Le gouvernent national libyen souffre d’un manque de maitrise de son territoire national. La délégation sud-africaine pose le ton : « en Libye, c’est la guerre. L’heure est à la mobilisation ». Un plan d’action est proposé pour dépasser le blocage institutionnel actuel. Tout l’enjeu de la réunion de l’Union africaine est de proposer une sortie de crise, tout en refusant une quelconque ingérence étrangère. Des tractations et discussions approfondies entre délégations sont en cours pour penser la coopération au niveau africain sur le sujet de la Libye. Affaire à suivre !

– Arthur Levasseur

Leave a comment

Your email address will not be published.