La ligue des Etats arabes, une collaboration efficace sans action d’envergure


Un long rappel de plus quarante minutes avant de débuter les débats : nos diplomates étaient-ils alors préparés ? La question se pose … Les premiers discours d’ouvertures dénotent de positions assumées face à la sécurité qui reste selon eux primordiale. Tous convergent à dire que leur territoire est particulièrement menacé, il est nécessaire de réagir. C’est donc autour de la création d’une armée collective ou d’une coalition militaire que les débats de la journée s’animent.

Le Maroc, contre toute attente se place au cœur des débats avant de s’effacer, serait-ce du désintérêt ?

On déplore peu de rebondissement, des avis peu divergents, tous tendent vers la même volonté à compter de la première motion. Seule la déléguée de l’Algérie se place ouvertement contre ce projet avant de se laisser convaincre sans réel argument. Cependant face au manque de clarté de cette motion, les délégués demandent plus de débats, de discussions pour tendre vers la paix et le « bien commun », expression répétée à plusieurs reprises. La Palestine souffrant déjà d’une crise politique violente s’inquiète de qui détiendra l’autorité. Cependant ce pays va être rassuré par l’Arabie Saoudite, qui propose un vote régulier au sein de cette coalition et assure dès lors s’engager à respecter toutes les prises de décisions.

La crise du Yémen…

Cette seconde partie de la matinée est marqué par un long égarement autour de la crise du Yémen. Des débuts de règlements de comptes se font ressentir. L’Arabie Saoudite en tant qu’accusée dans le financement d’armes réfute cette accusation par ailleurs elle n’hésitera pas à souligner quelques instants plus tard l’importance de leur budget militaire. Etonnant. Contre toute attente c’est bien le système démocratique qui triomphe dans le règlement de cette crise humanitaire.

Encore une intervention de la présidence face à ces longs débats peu constructifs, elle se laisse le soin de faire un rappel de la situation géopolitique réelle des pays concernés, confirmant nos doutes précédemment évoqués sur les délégués …

Enfin des mesures concrètes pour la création d’une « armée » des Etats arabes

Leur volonté commune d’établir la paix met en évidence quelques distinctions autour des moyens ; ce qui laisse place en cette deuxième partie de journée à de longs débats stériles, et de réelles difficultés à créer des accords sur les modalités d’intervention. La Palestine laisse encore exprimer ses inquiétudes, ne possédant pas d’armée ni de budget suffisant, la seule solution possible restant les quotas. Directement en opposition avec elle, la Jordanie refuse d’offrir un nombre fixe de soldats ce qui compromettrai ses intérêts. Après une longue absence, le Maroc réapparait avec une des propositions des plus concrètes, qui n’est pas sans rappeler les modèles occidentaux avec une corrélation entre le nombre de soldats et le poids du vote dans la délégation. Ses échanges ne mettant pas en place de réelles politiques ; une proposition de cocus non modéré reste la solution, surtout pour le délégué du Maroc qui en profite pour tenter de rassembler à voix basse. En finalité, cette journée est marquée par des positions qui tendent vers des décisions consensuelles futures mais dévie bien trop souvent vers les intérêts individuels comme autour de l’Iran, permettant des règlements de comptes. Mais le manque de solutions concrètes reste à déplorer.

Hanna Grandperrin

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