DISEC – Le cyberespace, un « nouveau monde » opaque


Quelle notion plus insaisissable que le cyberespace ? A la fois matériel (support permettant de lui donner vie) et immatériel (contenu numérique), nos délégués ont ouvert le débat du jour en tentant de parvenir à une définition de cette notion complexe, car constituant un véritable « nouveau monde », comme l’ont souligné les Pays-Bas.

En parallèle de cette double dimension du cyberespace, les délégués se sont également intéressés aux acteurs à l’origine des menaces. Notamment grâce à la Pologne, le débat ne s’est pas trop attardé sur ce point en début de discussion et les délégués ont finalement choisi de se concentrer sur la menace des acteurs non-étatiques.

 

 

Proposition de solutions innovantes

Le sujet du jour était particulièrement intéressant car peu, voire aucune, réglementation n’existe en la matière, ce qui a permis un échange approfondi entre les délégués.

L’éventail de solutions proposées a débuté par la proposition de l’Indonésie sur la création d’une cyber-agence internationale, notamment afin de permettre un travail commun des services de renseignements.

Cela a été complété par la possibilité d’élargir le récent Règlement Général pour la Protection des Données (RGPD) européen à d’autres pays et sur la base du volontariat.

La protection des data center est également une proposition appropriée, puisqu’à titre d’exemple la perte ou le vol de données peut être dramatique autant pour la sécurité nationale d’un État, que pour la compétitivité d’une entreprise ou encore pour la vie privée des individus.

A cela s’ajoute l’idée de la mise en place d’un haut commissaire aux affaires numériques, notamment porté par la France, et d’un fond pour soutenir les États victimes d’attaques.

 

Un rapprochement historique entre trois acteurs poids-lourds de la scène internationale

Les désaccords sont fréquents et quasi-systématiques entre la République populaire de Chine, la Fédération de Russie et les États-Unis d’Amérique. Cependant et à la surprise générale, ceux-ci ont effectué un rapprochement sans précédent en proposant un amendement commun, sous l’observation du Canada et du Pérou, concernant à la fois la sécurisation des data center et le renforcement de l’action contre la cybercriminalité.

L’Allemagne a d’ailleurs vivement manifesté sa joie : « Incroyable ! C’est trop beau pour être vrai ! ». Et en effet, on ne peut que se réjouir avec elle d’un si bel aboutissement des négociations et être optimiste pour le futur de la régulation du cyberespace.

Le cyberespace étant la nouvelle plateforme de la lutte des influences des grandes puissances, on peut au moins espérer que cette lutte se fera dans les règles.

 

Elise Bechon

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