DISEC – Favoriser le multilatéralisme dans le désarmement et la non-prolifération nucléaire


Après un vote à l’unanimité sur le choix du sujet, le débat s’est ouvert sur la dimension éthique des armes. Or comme l’ont remarqué plusieurs délégués, les armes sont plus politiques que morales. En effet, et par exemple, comment parler d’éthique et de morale concernant l’arme nucléaire qui prétend pacifier le monde à travers la peur ? Et plus largement pourquoi parler d’éthique alors que les armes apportent toujours la mort ?

L’éternel conflit entre la morale et la politique a ensuite laissé place à une véritable négociation et coopération sur les sujets centraux au cœur de cette journée : la non-prolifération nucléaire et le désarmement. Nous nous concentrerons sur la première partie, n’ayant pas eu le temps de suivre la totalité du débat.

 

Un objectif de non-prolifération nucléaire difficilement atteignable

Comme rappelé lors du débat, l’article 4 du Traité de Non-Prolifération des armes nucléaires (TNP) signé en 1968 pose le droit inaliénable de développer le nucléaire dans un but pacifique, ce qui pose un challenge colossal, notamment concernant le cas des « Etats du seuil ».

Ces pays en passe d’acquérir l’arme nucléaire ont révélé une ligne de fracture. D’un côté une ligne dure portée par les Etats-Unis tendant à une interdiction totale, de l’autre une attitude plus conciliante tendant au dialogue et portée sur la régulation plutôt que sur l’interdiction. La Chine ayant notamment souligné que ces Etats du seuil souhaitent souvent se doter de l’arme nucléaire de manière défensive afin de se sentir en sécurité.

Toujours est-il que ce débat étant placé sous le signe du multilatéralisme, on a pu assister à un véritable dialogue entre les délégués, placés sur un pied d’égalité malgré la structure du Traité de Non-Prolifération des armes nucléaires (TNP) opérant une discrimination entre les Etats dotés de l’arme nucléaire (en position de force) et les Etats non-dotés de l’arme nucléaire ; les premiers s’engageant à ne pas aider un autre pays à acquérir d’armes nucléaires, les derniers à ne pas fabriquer et essayer de s’en procurer.

La courtoisie, de mise dans la diplomatie, n’a pas empêché la dénonciation de l’hypocrisie de certaines grandes puissances qui continuent de moderniser leurs armes nucléaires tout en voulant empêcher d’autres pays de s’en doter.

 

Focus sur les zones tampons – Une première proposition pour tenter d’agir contre la prolifération du nucléaire via la création de zones de désescalade

Le concept est le suivant : réduire de manière consensuelle le nombre de têtes nucléaires entre deux pays frontaliers, afin d’atteindre une démilitarisation dans certaines régions tendues.

Comme l’ont souligné divers pays, les missiles balistiques sont à longue portée donc limiter la prolifération des armes nucléaires spécialement dans certaines régions pourrait ne pas suffire et avoir un intérêt limité, puisque peu importe la zone, le missile atteindra sa cible.

Cependant, on ne peut nier l’impact psychologique que peut avoir l’installation de têtes nucléaires à la frontière d’un pays sur celui-ci. Il se sent alors menacé et cela participe à l’escalade nucléaire qui repose sur une absence de confiance réciproque entre les pays qui comptent alors dessus comme une assurance-vie.

To be continued …

 

Elise Bechon

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