Fidel Castro : la mort d’une icône ?


« Le commandant en chef de la Révolution cubaine est décédé à 22 h 29 ce soir ». C’est ce qu’a déclaré Raul Castro, nouveau dirigeant de Cuba depuis 2006. Fidel Castro s’est éteint à l’âge de 90 ans, ce vendredi 25 novembre. Neuf jours de deuil national ont été décrétés. La mort de cette personnalité est paradoxale : entre soulagement et déception. Les réactions des Cubains divergent.

Fidel Castro est le père de la Révolution cubaine. Il a formé une guérilla dès le milieu des années 50 contre le Président Batista. Ce dernier s’est réfugié aux États-Unis depuis janvier 1959. Il tente avec l’aide des Américains de percer ce nouveau gouvernement cubain, sans succès. Le nouveau Cuba se rapproche alors de l’URSS et coupe ses relations avec les États-Unis. Communiste aux origines, l’État devient rapidement fort, policier et répressif. Mais c’est également un État qui va réussir à former des politiques publiques visant l’égalité. Ainsi, ce gouvernement a réussi à briser partiellement un certain nombre d’inégalités économiques. Ces éléments expliquent les divergences d’opinions. A Cuba, on pleure. Les Cubains à l’étranger dansent.

Il existe des réactions sincèrement tristes. France 24 titrait dans un article « Fidel Castro, le général de Gaulle cubain ». C’est ce qu’il faut voir pour essayer de comprendre pourquoi Cuba pleure la perte de son dirigeant. Pour beaucoup, c’était l’image d’un dirigeant avec des valeurs, un résistant, celui qui a réussi à évincer un gouvernement assis depuis les années 1930. Dans son pays, il était très aimé. C’était une forte personnalité qui a réussi à tenir tête au géant américain, pourtant vainqueur de la guerre froide. En quelques mots, c’était l’homme de la Résistance et de la libération nationale.

Mais il ne faut pas oublier l’aspect répressif du régime. Plus d’un Cubain a quitté le territoire. L’exemple type, mais surprenant à la fois, est celui de sa sœur Juanita Castro. Elle est actuellement en Floride et refuse de se rendre aux funérailles de son frère. Elle refuse surtout de retourner sur cette île. Elle dit pleurer « un être humain ». À aucun moment, elle ne parle du fait qu’il s’agisse de son frère. Seulement de quelqu’un de son sang. Des vidéos de la communauté cubaine ont circulé sur les réseaux. On pourrait rapprocher les réactions à celles des Anglais après la mort de Margaret Thatcher. Au Royaume-Uni, la sorcière était morte. En Floride, on danse la mort du dictateur, en sortant les drapeaux et en tapant sur des casseroles. Une personne témoigne à l’AFP : « Les gens fêtent simplement le fait qu’une mauvaise personne nous a quittés ». Un message fort, illustrant l’image paradoxale de cette personnalité.

Les questions se tournent maintenant sur ce que va devenir Cuba. En effet, la mort de Fidel Castro va-t-elle avoir pour conséquence la mort du communisme sur le territoire cubain ? Ce qu’on peut dire, c’est que Raul Castro va sûrement progresser plus rapidement dans un rapprochement avec les États-Unis, opéré depuis déjà deux ans, avec notamment la réouverture de l’ambassade américaine à La Havane en juillet 2015.

Alexandre Corre Vaillant

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