#Décryptage – La politique climatique : la nouvelle priorité de l’Union européenne ?

Le coeur de mon action sera la transition vers une planète plus saine” – Ursula Von Der Leyen, Présidente de la Commission européenne

 

L’apparition de phénomènes climatiques extrêmes sur le contient européen.

Depuis près de trois décennies, des phénomènes extrêmes s’amassent sur le vieux continent, déstabilisant les peuples et économies de chaque pays de l’Union. Aucun n’est épargné. Tous ont expérimenté – une fois au moins ; les inondations aussi furieuses que soudaines ou encore les sécheresses assommantes génitrices de feux de forêts. Les faits sont là et ne manquent pas d’être alarmants : entre 1980 et 1990, une centaine d’évènements climatiques ont été recensés ; entre 2000 et 2010, ils dépassent les 350.

Face à de tels phénomènes, les pays membres de l’Union ont progressivement et de manière conjointe, pris des mesures permettant en premier lieu de faire face aux catastrophes naturelles mais également de les ralentir, voire de les amoindrir.

Fructifiantes ou non, les politiques mises en oeuvre par l’Union ont le mérite d’être ambitieuses et portent en elles l’idée nouvelle d’une écologie durable couplée à l’économie prospère. En effet, il n’est pas à oublier que l’Union détient le leadership en matière de politique climatique avec plus de 700 textes de loi, et disposant ainsi d’une des politiques climatiques les plus avancées au monde.

La dégradation de l’environnement par les activités humaines comme principale cause.

Quasiment unanime sur ce point, la communauté scientifique pointe du doigt la dégradation hâtée de l’environnement comme principale responsable de la hausse des catastrophes naturelles.  L’altération l’environnement et de ses resources ayant comme conséquence un changement climatique, il s’agirait de ce fait, de cerner les causes et les vecteurs de ce dernier afin de favoriser la conservation de la biodiversité ; car en effet, il serait dissonant de ne pas s’alarmer devant de telles prévisions : une hausse de 2 °C d’ici à 2060 et de 5°C d’ici à la fin du siècle.

Source : Parlemètre 2019 (EB 92.2)

Minimes aux yeux de certains, ces augmentations pourraient à terme être responsables d’une transformation environnementale dévastatrice, et d’une perte considérable de la biodiversité, entrainant des dépenses exorbitantes pour les États membres de l’Union.

Intéressons nous dès lors aux dispositifs mis en place par l’Union européenne afin de protéger ses terres et sa biodiversité.

Les solutions mises en oeuvre par l’Union européenne.

Source : Présidence Finlandaise du Conseil de l'Union Européenne 2019Source : Présidence Finlandaise du Conseil de l’Union Européenne 2019

Dès sa création, l’Union européenne a affirmé son attachement à l’environnement et à sa préservation. En effet, la Commission européenne propose en 1992 l’introduction d’une taxe carbone dans le but de réduire les émissions de gaz à effet de serre (GES) sur le continent européen. Quelques années plus tard, l’engagement européen pour le climat est constitutionnalisé avec le Traité d’Amsterdam signé le 2 octobre 1997 qui rappelle les deux principes fondamentaux que sont le développement durable et l’intégration des questions liées à l’environnement.

Si l’environnement a sa place dans les projets de l’Union dès sa genèse, les mesures s’accélèrent dans les années 2010, notamment avec comme entrée en matière “l’objectif 2020” fixé en 2008. Cette stratégie « 20-20-20 » escompte à la diminution des émissions de GES de 20% par rapport à 1990 et aspire à « porter d’ici à 2020 la part des énergies renouvelables dans la consommation énergétique de l’UE à 20% » tout en travaillant sur l’amélioration de l’efficacité énergétique.

En décembre 2015, l’Union européenne signe l’Accord de Paris aux côtés de 195 autres Etats parmi lesquels figurent ses États membres. Fruit de la COP 21, cet accord est le premier texte international juridiquement contraignant sur le changement climatique.

En plus de constater que l’Union européenne est un acteur principal dans l’action contre le changement climatique, celle-ci “a contribué de façon décisive à la négociation de l’accord de Paris”. Au niveau national, la contribution de l’Union consiste en la réduction d’au moins 40%  des émissions de GES par rapport à 1990. C’est ainsi que fin 2018, l’ensemble des actes législatifs communautaires essentiels pour la mise en oeuvre de cet objectif avaient été adoptés.

Enfin, plus récemment, ce sont les objectifs de 2050 qui ont été cette fois fixés avec comme dessein principal la neutralité climatique de l’Union européenne d’ici à la moitié du XXème siècle. La Pologne ne s’est toutefois pas prononcée et n’a souhaité prendre aucun engament.

Qu’en est-il des premiers résultats ?

Si la COP21 eut le mérite de faire parler d’elle, les résultats de celle-ci restent relatifs. Primo, les États demeurent divisés, ce qui tend à faire obstacle aux ambitions mises en avant par l’UE dans ses différents projets. Deuxio, le retrait des États-Unis d’Amérique en juin 2017 a rapidement fait chuter l’engouement autour de l’Accord.

C’est ainsi que l’Union européenne “troisième entité émettrice de dioxyde de carbone (CO2) après la Chine et les Etats-Unis, doit ainsi assumer une part plus importante dans la définition d’objectifs en lien avec l’accord de Paris et l’action climatique.”

Source : Conseil de l’Union Européenne (European Union, 2016)

Le problème majeur de cet accord réside en sa faible capacité contraignante. En outre, aucune mention n’est consacrée à la renonciation aux énergies fossiles – qui restent les principales sources d’émissions de CO2 – ou encore à la réduction des émissions dans des secteurs polluants “tels que l’aviation, ou encore le transport maritime”.

Consciente de sa position de première puissance occidentale émettrice de dioxyde de carbone, l’Union européenne conduit une politique de “diplomatie climatique” ayant pour ambition d’influencer d’autres puissance économiques à la suivre dans sa quête vers une économie “plus verte”, davantage consciente des enjeux climatiques et environnementaux.

Pour finir sur une bonne note ; en 2018, l’Union européenne était en avance sur ses objectifs, les émissions de GES ayant diminué de 23% par rapport à 1990 contre 20% espérés pour 2020 !

 

Press Team 

Sources : 

https://www.consilium.europa.eu/fr/press/press-releases/2016/10/04/adoption-paris-agreement/

https://eu2019.fi/fr/priorites/leadership-en-matiere-de-climat/objectifs-de-reduction-des-emissions

 

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