A la conquête de Mars ?

La guerre froide a fait état, notamment, d’un acharnement des deux puissances américaine et soviétique pour l’armement et la conquête spatiale. L’URSS a ainsi envoyé le premier homme dans l’espace en 1961. Les USA ont envoyé le premier homme sur la Lune en 1969. Maintenant que la Lune a été l’objet de tous les objectifs spatiaux et que le monde n’est plus porté sur une division bipolaire, où en est la conquête spatiale ? Autrement dit, quelles motivations et objectifs se donnent les États pour les nouvelles découvertes spatiales ? En se penchant sur le sujet, on peut constater que Mars devient un nouvel objectif, ouvrant le monde vers une seconde ère spatiale. Cela va donc amener les États à se poser les questions suivantes : « comment faire pour y aller ? » et « comment faire pour y rester ? ».

 

 

Un objectif de coopération pour des expériences pertinentes sur Mars

Deux questions sont importantes : qui ? quoi ? En effet, la première ère spatiale s’est illustrée comme une course vers la Lune, en raison de la guerre froide. Les gouvernants ne désiraient pas prendre un chemin convergent. Désormais, c’est une coopération internationale qui doit être clairement identifiée pour les prochaines quêtes interplanétaires. En effet, les auteurs et journalistes insistent sur ce fait. La conquête de Mars peut poser un réel problème de gouvernance. Que ce soit la Chine, les USA ou encore la Russie, de nombreux projets spatiaux sont en développement. Il faudrait alors privilégier un moment où la Terre vit des moments paisibles et où des objectifs géopolitiques sont clairement identifiés. Ainsi pourra naître une coopération internationale sur le sujet. En tout cas, c’est ce qui est espéré et donc recherché.

Des expériences existent déjà. On peut citer le projet de la NASA (National Aeronautics and Space Administration) appelé « Mars Science Laboratory » lancé en 2011. C’est ce dernier qui a envoyé le célèbre astromobile Curiosity sur Mars en août 2012. Le programme a pour but l’exploration, et notamment la recherche de composants fossiles comme les atomes de carbone. De plus, beaucoup d’expériences portent aujourd’hui sur le vol habité. Elles portent sur la simulation d’un vol vers Mars, dans lequel cohabitent huit êtres humains. Cela correspondrait à cinq cent vingt jours d’enfermement. En effet, le trajet pour Mars durerait actuellement huit mois. Ce ne sont encore que des expériences, du fait du coût élevé du voyage. Une simulation coûte environ trois milliards d’euros.

 

Quelle vie mener une fois sur Mars ?

Un des autres enjeux de la conquête spatiale, après la gouvernance, va être l’envoi de colons et donc les difficultés auxquelles ils feront face. Si l’on se base sur une interview du planétologue Charles Frankel, beaucoup de difficultés seront surmontables, même avec la technologie d’aujourd’hui.

La simulation d’une colonie sur Mars peut amener à se poser énormément de questions de base et de logistique : énergie, eau, habitations, … La planétologue y répond sans trop de difficultés. Ainsi, pour l’eau, cela pourrait coûter trop cher. Il va falloir importer des tonnes d’eau de la Terre vers Mars. Cette dernière devra être recyclée (urine et sueur sous forme de vapeur) pour ne pas engendrer des coûts supplémentaires. Il ne faut pas oublier que Mars est une planète comportant énormément de glace. Elle pourrait également être récupérée pour faire de l’eau. Concernant l’électricité, nécessaire pour notre monde actuel, il parle de centrale nucléaire de poche. En effet, c’est le seul moyen, le photovoltaïque pouvant avoir un aspect inutilisable du fait de la portion de soleil touchant Mars. Enfin, pour les espaces de vie, il parle de « petits » campings. La NASA sait emboîter différentes capsules qui seront utilisées pour vivre. Des serres seront aussi nécessaires, selon lui surtout pour le moral et la nostalgie des colons.

 

La conquête de Mars a été et est toujours un sujet d’actualité très important. Malheureusement, c’est un projet trop souvent décrié comme vide de crédibilité par l’opinion publique. Pourtant, des programmes commencent à se développer et les conditions environnementales actuelles laissent penser que se tourner vers d’autres planètes est une solution. Les projets sont présentés comme des objectifs dits ultimes. La coopération prendra du temps, tout comme les recherches. Ce sont les fonds nécessaires qui forment la vraie problématique. Un voyage tel qu’il est simulé en vol habité pourrait coûter en réalité entre six cent et huit cent milliards d’euros. De véritables expéditions ne seront donc pas lancées avant un bon moment.

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